Vigiles de la Pentecôte

L'Esprit Saint : souffle de vie, de parole et d'unité dans la diversité

Frère Thomas

Samedi 23 mai 2026

Vigiles de la Pentecôte

  • Lectures de l’Ancien Testament : Gn 11, 1-9 ; Ex 19, 3-8a.16-20b ;
    Ez 37, 1-14 ; Jl 3, 1-5
  • Psaume : Ps 103 (104)
  • Lecture du Nouveau Testament : Rm 8, 22-27
  • Évangile : Jn 7, 37-39

Sanctuaire du Sacrement de Montréal, le 23 mai 2026

Cette transcription n’a pas été relue par le prédicateur.

 

L’Esprit Saint : souffle de vie, de parole et d’unité dans la diversité

 

 

Alors, dans cette veillée de la Pentecôte, dans ces vigiles de la Pentecôte, nous avons entendu un certain nombre de textes du Premier Testament et du Nouveau Testament qui parlent de l’Esprit Saint, qui parlent de ce que l’Esprit Saint peut représenter pour nous. Alors, regardons ce que l’Esprit Saint représente pour nous d’après ces textes. C’est un esprit de vie, l’esprit de vie. C’est un esprit de parole et c’est un esprit qui fait l’unité dans la diversité. L’Esprit Saint est un esprit de vie. Nous le voyons dans le texte de la Genèse, le premier texte que nous avons entendu. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux (cf. Gn 1, 1-2). Le souffle de Dieu, c’est l’Esprit Saint. Déjà à la création, la Trinité est à l’œuvre. Le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont tous les trois à l’œuvre. L’Esprit Saint est le maître d’œuvre au cœur de la création. Et grâce à l’Esprit Saint, il y a la lumière.

Et nous voyons aussi que lorsque l’homme est créé, il est fait avec la glaise du sol, avec la poussière du sol, et Dieu lui insuffle dans ses narines le souffle de vie et l’homme devint un être vivant (cf. Gn 2, 7). L’Esprit Saint permet à l’homme de devenir un être vivant. Dans la création, Dieu fait de la glaise un être vivant. Il crée ainsi tous les animaux et spécialement, comme le couronnement de sa création, il crée l’homme et la femme. Si nous regardons le texte du prophète Ézéchiel que nous avons entendu, nous voyons cette fois des ossements desséchés qui reprennent vie (cf. Ez 37, 1-14). Les ossements se joignent les uns aux autres ; ils se recouvrent de nerfs, de chair et de peau. Et voilà que le prophète prophétise et ils reprennent vie : l’esprit des quatre vents vient et donne la vie aux morts. C’est ce qui se passera à la résurrection à la fin des temps. Si nos corps ont été décomposés, s’ils ont même été broyés ou brûlés, ils reprendront vie, ils se recomposeront.

Dieu est assez puissant pour faire cela et, avec l’Esprit Saint, ils reprendront vie. Donc l’Esprit Saint est esprit de vie. L’Esprit est aussi esprit de parole. Dans le livre de l’Exode, nous voyons Dieu qui descend sur la montagne, sur le mont Sinaï, avec des fracas, avec des tonnerres, avec une puissante sonnerie du cor. Et Dieu parle (cf. Ex 19, 16-19). Moïse parlait et la voix de Dieu lui répondait. Dieu parle pour donner à son peuple Israël la loi. Nos frères dans la foi, les Juifs, fêtent à la Pentecôte le don de la loi. La fête de Chavouot, c’est le don de la Torah sur le mont Sinaï. Donc Dieu parle, Dieu parle à son peuple et Dieu fait parler les hommes et les femmes. Chez le prophète Joël, nous lisons : « Je répandrai mon esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront » (cf. Jl 3, 1). Des fils et des filles, des hommes se mettent à prophétiser. La parole de Dieu est en eux et ils se mettent à parler de la parole de Dieu.

C’est ce qui se passe aussi dans les Actes des Apôtres lorsque les apôtres reçoivent l’Esprit Saint et qu’ils se mettent à annoncer l’Évangile, l’Évangile de la résurrection. C’est aussi dans le texte que nous aurions dû entendre de l’Épître aux Romains, où saint Paul nous dit que l’Esprit intercède en nous par des gémissements ineffables (cf. Rm 8, 26). Jésus nous donne des mots pour notre prière pour que nous puissions parler à Dieu. Nous avons donc l’Esprit Saint, esprit de la parole : de la parole qui est proclamée par Dieu, de la parole de Dieu que nous proclamons, et de la réponse que nous faisons à la parole de Dieu qui nous parle. Et nous voyons aussi dans l’Évangile combien l’Esprit est un esprit de vie car, lorsque quelqu’un reçoit l’Esprit, de son cœur « couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7, 38). C’est la vie qui est donnée à celui qui croit lorsque nous recevons l’Esprit Saint. La vie coule de notre cœur ; la vie est en nous et la vie se répand à partir de nous.

Et enfin, l’Esprit est un esprit d’unité dans la diversité. Nous avons entendu le texte de la Tour de Babel (cf. Gn 11, 1-9). Lorsque des hommes et des femmes se retrouvent pour bâtir une ville sans Dieu, pour bâtir une ville avec leur propre force, sans rendre grâce à Dieu, ils bâtissent une tour dont le sommet s’élève dans les cieux et le résultat c’est qu’ils sont divisés. Ils finissent par ne plus se comprendre les uns les autres, c’est la confusion des langues et ils se dispersent. À la Pentecôte, lorsque les apôtres reçoivent l’Esprit Saint, ils se mettent à parler d’autres langues et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Chacun parle les dialectes de ceux qui sont présents à Jérusalem pour la fête de la Pentecôte. L’Esprit réalise l’unité dans la diversité : l’unité de l’Évangile dans la diversité des langues.

Alors, rendons grâce à Dieu pour son Esprit qui est un esprit de vie, de vie transmise ; pour son Esprit qui est un esprit de parole, de parole de Dieu donnée, de parole de Dieu proclamée ; et pour son Esprit d’unité dans la diversité. Amen.

Frère Thomas