Saint Jour de Pâques

La pierre enlevée : Pâques ouvre un monde nouveau

Frère Bradford

Dimanche 5 avril 2026 

La Résurrection du Seigneur – Saint Jour de Pâques

  • Première lecture : Ac 10, 34a.37-43
  • Psaume : Ps 117
  • Deuxième lecture : Col 3, 1-4
  • Évangile : Jn 20, 1-9

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 5 avril 2026

Cette transcription n’a pas été relue par le prédicateur.

La pierre enlevée : Pâques ouvre un monde nouveau

 

Marie-Madeleine voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Frères et sœurs, oui vraiment ce matin, une lourde pierre qui barrait bien des choses dans ce monde a été enlevée.

Quoi de plus lourd qu’une pierre tombale. Depuis toujours, les hommes en sont très conscients. Une pierre tombale va tomber sur toute vie humaine, mettant fin à sa beauté, sa créativité, sa vitalité. Nous savons que cette pierre va tomber sur nos relations avec nos proches. Comme elle est tombée sur la relation de joie, d’amour, de confiance que les disciples partageaient avec Jésus. Quand Marie-Madeleine, Pierre et Jean, les disciples bien-aimés, ont vu Jésus mourir. Ils ont vu son tombeau fermé par la finalité de cette pierre, bien sûr ils ont cru que toute cette belle aventure avait pris fin. Sauf que pendant la nuit de leur douleur, leur sentiment de cette absence, de cette fin, cette pierre a été enlevée. Marie-Madeleine pense bien sûr qu’on a enlevé le Seigneur, que quelqu’un a dérobé son corps.

Et quand saint Jean voit que les linges sont toujours là, il comprend que cela, ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible de voler un cadavre en laissant les linges en place. Il comprend que ce corps n’a pas été enlevé, mais élevé.

Il comprend que seulement Dieu a pu faire cela. Vous savez que la Bible disait que Dieu devait ressusciter les morts à la fin du temps. Et Jean comprend que c’est ce qui est déjà arrivé.

La finalité d’une pierre tombale a été brisée, a volé en éclats. La mort n’est plus la fin. Dieu a montré sa toute puissance en détruisant cette fatalité, cette fatalité douloureuse.

Et depuis cette découverte, au petit matin, au premier jour de la semaine, tous les disciples du Christ à travers les âges sont remplis d’espérance devant la mort. Elle n’est plus la fin. Les Pères de l’Église et théologiens des premiers siècles allaient dire que Dieu a tué la mort.

Elle n’est plus la fin, elle est devenue un passage vers une vie infiniment plus belle, riche, joyeuse, une vraie vie de plénitude, la vie de Dieu lui-même. Mais bien d’autres pierres ont été enlevées en ce premier matin de Pâques. On avait essayé de supprimer Jésus à cause de son message, il prêchait une parole que certains trouvaient inacceptable.

Il fallait faire taire cette parole, ce message, parce que Jésus pardonnait les péchés. Il disait que le royaume de Dieu était arrivé. Il proclamait bienheureux les doux, les humbles, les persécutés.

Il prêchait l’amour des ennemis. Il disait que Dieu était son propre Père et que Dieu voulait se montrer notre Père à nous tous. Et tout cela, pour certains, était inadmissible. Il fallait taire tout cela sous une pierre tombale. Mais comme le dit Saint Paul, on n’enchaîne pas la parole de Dieu. Le Christ ressuscité envoie ses disciples dans le monde entier, à travers tous les siècles, prêcher cette même bonne nouvelle.

Et depuis, cette parole, qui est vivante et vivifiante, transforme la vie de milliards de personnes. Par cette parole, ce message, les croyants accueillent déjà cette vie nouvelle annoncée par le Christ. Ils ont fait l’expérience de ce message annoncé par Jésus en sa personne.

Ils ont fait l’expérience de la victoire de Dieu présent dans leur vie. Ils ont fait l’expérience de la miséricorde de Dieu pour chaque personne. Ils ont fait l’expérience que Dieu est vraiment notre Père, plus fort que tout ce qui nous enferme, tout ce qui pourrait nous faire perdre l’espérance.

Saint Paul le disait ce matin, les chrétiens savent qu’ils sont déjà ressuscités avec le Christ. Ils vivent déjà les réalités d’en haut. Ils savent que leur vie est déjà cachée avec le Christ en Dieu.

On peut dire qu’une troisième pierre a été enlevée ce matin. C’est celle qui semblait bloquer l’histoire du monde. Est-ce que l’histoire du monde avait un sens ? Elle semblait tourner en rond.

Tel événement historique donne l’espoir de plus de bonheur et de justice pour le monde. Et tel autre vient montrer que le mal est toujours là, à l’œuvre dans le monde. Nous le voyons de façon dramatique en ce moment même.

Pour Israël aussi, pendant des siècles, Israël s’est posé cette même question. Tant de catastrophes dans notre histoire, est-ce que Dieu est vraiment avec nous comme il a promis ? Et pourtant en parlant de l’histoire d’Israël, Dieu avait dit, tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront. Il s’agit des guerres et des catastrophes.

Je vais vous faire remonter de vos tombeaux, mon peuple. Vous saurez que je suis le Seigneur lorsque j’ouvrirai vos tombeaux. Il s’agit de l’exil, de l’échec, de la défaite.

Donc en ce matin de Pâques, Dieu nous montrait définitivement que rien ne pourra arrêter son projet pour l’histoire du monde. Rien ne pourra l’empêcher de la conduire à la fin glorieuse qu’il a prévue pour elle, pour nous, pour l’humanité, pour toute la création. Donc avec la pierre qui était enlevée aujourd’hui, Dieu nous dit, voici que je fais une création nouvelle.

L’ancien monde s’en est allé. Un monde nouveau est déjà là, ne le voyez-vous pas ? C’est pourquoi ce matin dans le monde entier, même dans les endroits les plus meurtris, ou la vie est la plus difficile, ce matin les chrétiens se disent :
Christ est ressuscité.
Il est vraiment ressuscité.
Christ est ressuscité.
Il est vraiment ressuscité.
Christ est ressuscité.
Il est vraiment ressuscité.

Frère Bradford