Dimanche du Bon Pasteur

Le beau Pasteur : chemin de beauté, de connaissance, de confiance et de maturation

Frère Thomas

Dimanche 26 avril 2026

4ème Dimanche de Pâques –
Dimanche du Bon Pasteur

  • Première lecture : Ac 2, 14.36-41
  • Psaume : Ps 22 (23)
  • Deuxième lecture : 1 P 2, 20-25
  • Évangile : Jn 10, 1-10

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 26 avril 2026

Cette transcription n’a pas été relue par le prédicateur.

 

Le beau Pasteur : chemin de beauté, de connaissance, de confiance et de maturation

 

 

Je vous propose donc de suivre la lettre que le Pape adresse à l’Église à l’occasion de ce dimanche de prière pour les vocations. En ce dimanche du Bon Pasteur, il y a d’abord le chemin de la beauté : la beauté du pasteur et la beauté qui est la nôtre lorsque nous le suivons. Il y a ensuite le chemin de la connaissance réciproque — la connaissance que Dieu a de nous et celle que nous avons de lui —, le chemin de la confiance que nous pouvons faire à notre Seigneur, et enfin le chemin de la maturation de notre marche à sa suite.

Le Seigneur est beau. En grec, pour désigner le bon pasteur, l’adjectif utilisé est Kalos, qui signifie à la fois « bon » et « beau ». Le Seigneur Jésus est beau : il est beau dans sa vie publique, il est beau dans sa mort, il est beau dans sa résurrection. Lorsque nous contemplons une icône, nous sommes séduits par sa beauté, mais c’est une beauté profonde, exempte de faux-semblants. Contrairement aux beautés de ce monde, parfois faites de maquillage ou d’esthétisme superficiel qui finissent par décevoir, le Seigneur nous donne la vraie beauté. Pour la découvrir, il importe de descendre au fond de notre cœur et de suivre un chemin d’intériorité. Saint Augustin, après avoir suivi des chemins décevants, disait : « Je te cherchais au dehors alors que tu étais au-dedans » (Saint Augustin, Les Confessions). C’est en rentrant en lui-même qu’il a découvert cette « beauté si ancienne et toujours nouvelle ». Nous sommes ainsi rendus beaux par notre quête du Pasteur : que ce soit dans la vie religieuse, le sacerdoce, le mariage ou les services ecclésiaux, le Seigneur nous rend beaux. Comme le dit le théologien Pavel Florenski, l’ascèse rend l’homme non pas seulement bon, mais beau. Par le dépouillement et la vie intérieure, nous devenons beaux à notre tour.

Vient ensuite la connaissance réciproque. Nous connaissons le Pasteur comme les brebis connaissent sa voix. Ici encore, la vie de prière est essentielle pour discerner sa Parole, à l’exemple du jeune Samuel qui, aidé par le prêtre, a fini par comprendre que c’était le Seigneur qui l’appelait (cf. 1 Sm 3, 1-10). Connaître le Seigneur, c’est découvrir celui en qui on n’a pas trouvé de mensonge, qui n’insultait pas quand il était insulté et qui s’abandonnait à celui qui juge avec justice (cf. 1 P 2, 22-23). Il vaut la peine d’être suivi.

Le troisième chemin est celui de la confiance. C’est la confiance des premiers chrétiens qui, ayant entendu la Parole, se sont laissés baptiser. C’est la confiance de Joseph prenant Marie chez lui, celle de la Vierge Marie à l’Annonciation, ou encore celle de Jésus à Gethsémani disant : « Père, que ta volonté soit faite et non pas la mienne » (cf. Lc 22, 42). Le Seigneur est la porte qui nous donne la vie en abondance ; nous pouvons avoir pleinement confiance en lui, quelle que soit la forme que prend notre appel.

Enfin, il y a la maturation. Le chemin à la suite du Seigneur s’inscrit dans la durée ; il ne s’arrête pas au début de la vocation. Il comporte des difficultés, des sécheresses et des épreuves. Il est donc important d’être accompagné pour persévérer dans notre marche. Que le Seigneur soit béni pour ce chemin de beauté, de connaissance, de confiance et de maturation à sa suite. Amen.

Frère Thomas