Dimanche des apparitions du Seigneur

De l'incompréhension à la mission : itinéraire corporel avec le Ressuscité

Frère Pierre-Benoît

Dimanche 19 avril 2026

3ème Dimanche de Pâques –
Dimanche des apparitions du Seigneur

  • Première lecture : Ac 2, 14.22-33
  • Psaume : Ps 14 (15)
  • Deuxième lecture : 1 P 1, 17-21
  • Évangile : Lc 24, 13-35

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 19 avril 2026

Cette transcription n’a pas été relue par le prédicateur.

 

De l’incompréhension à la mission :
itinéraire corporel avec le Ressuscité

 

 

Cette bonne nouvelle, frères et sœurs, elle nous concerne. Nous sommes ce peuple de l’Église en marche, se tenant entre le troisième jour de la résurrection et le cinquantième jour de la Pentecôte, pour que l’Eucharistie soit annoncée au monde entier. En ce premier jour de la semaine, nous avons nous aussi fait route vers ce Sanctuaire du Saint-Sacrement pour contempler l’Évangile des disciples d’Emmaüs. Ces disciples ne sont-ils pas ici, assis avec nous, pour faire vivre cette parole au cœur de notre cité ? Jésus s’approche, nous nourrit et nous donne un enseignement sur la messe. C’est tout un itinéraire, des cœurs sombres aux cœurs brûlants, de l’incompréhension à la mission, que le Seigneur rend concret en s’adressant à toute notre personne à travers quatre étapes : les pieds, les oreilles, les yeux et les mains, et enfin la bouche.

La première étape est celle du « venez », symbolisée par les pieds. Les disciples font route vers Emmaüs, habités par des interrogations et des solitudes, sans réaliser qu’une présence lumineuse les accompagne. Ils sont un peu dépressifs car leur grande espérance en ce Rabbi a été brisée par sa mort. Pourtant, il leur faut saisir que la mort n’a pas eu le dernier mot et que la vie du Ressuscité continue avec l’Église. Mettre nos pas dans le chemin du Ressuscité, c’est le signe de vos pieds qui sont venus, malgré la pluie, jusqu’à ce sanctuaire.

La deuxième étape est celle de l’oreille. Il s’agit de tendre l’oreille pour écouter ce qui concerne Jésus le Nazaréen et le témoignage des saintes femmes qui le disent vivant. Prenons un instant de silence pour demander dans quelle mesure notre oreille est ouverte à cette bonne nouvelle de la vie plus forte que la mort. Écoutons cette parole qui nous est dite dimanche après dimanche dans la liturgie de la parole.

Puis la messe continue avec une troisième étape pour rendre grâce et contempler avec les yeux et les mains. On adore avec les yeux et on communie en recevant dans nos mains le corps du Christ et la coupe du sang précieux. « Reste avec nous », disent les disciples en ouvrant leurs mains. À table, lorsqu’il prit le pain, le bénit et le rompit, leurs yeux s’ouvrirent. Jésus se rend présent à nos yeux qui le voient et à nos mains qui le reçoivent. Saint Cyrille de Jérusalem expliquait aux catéchumènes de faire de leur main gauche un trône pour la main droite, puisque celle-ci va recevoir le Roi. En recevant le corps du Christ, notre bouche proclame : « Amen », c’est-à-dire : « Je crois ».

Enfin, la quatrième étape concerne la bouche, faite pour proclamer au monde ce que nos mains ont touché et ce que nos yeux ont vu du Verbe de vie (cf. 1 Jn 1, 1). Saint Jean résume ainsi l’histoire d’Emmaüs et le déroulement de la messe : ce que nous avons entendu, contemplé et touché, nous vous l’annonçons avec notre bouche de croyants. Je vous souhaite que vos bouches deviennent témoins de la présence du Christ. Il est ici au milieu du monde, présent pour nous parler et nous nourrir, afin que nous annoncions par toute notre vie la Bonne Nouvelle de la résurrection.

Frère Pierre-Benoît