Dimanche de l’expansion missionnaire

Rendre raison de notre espérance par un témoignage de vie intérieure

Mgr Christian Rodembourg

Dimanche 10 mai 2026

6ème Dimanche de Pâques –
Dimanche de l’expansion missionnaire

  • Première lecture : Ac 8, 5-8.14-17
  • Psaume : Ps 65
  • Deuxième lecture : 1 P 3, 15-18
  • Évangile : Jn 14, 15-21

au Sanctuaire du Saint-Sacrement à Montréal, le 10 mai 2026

Cette transcription n’a pas été relue par le prédicateur.

 

 

Rendre raison de notre espérance par un témoignage de vie intérieure

 

Chers frères et sœurs bien-aimés, en méditant les textes de ce 6e dimanche de Pâques, nous recevons quelques conseils et suggestions pour nous guider dans la mission pastorale que l’Église nous invite à vivre jour après jour, ici et maintenant. Avec le livre des Actes des Apôtres, nous voyons en effet tout au long du temps pascal combien ce ne fut pas aisé pour les premiers chrétiens, confrontés à tant de défis et d’enjeux, de partager, d’annoncer et de témoigner de la bonne nouvelle de la résurrection du Christ ainsi que de leur foi en Jésus sauveur. Par le témoignage des premiers croyants, que constatons-nous ?. La croix du Christ donne courage et audace ; elle continue de porter des fruits en abondance, des fruits qui demeurent. La Samarie, région méprisée par les Juifs pieux et considérée comme infidèle au Dieu d’Israël, est touchée par la grâce : les Samaritains accueillent avec Philippe, l’un des sept diacres, la parole de Dieu.

Les Samaritains reçoivent le souffle de l’Esprit Saint par l’imposition des mains de Pierre et Jean. Ce fut une sorte de Pentecôte pour ce peuple méprisé. Dans les pas des diacres Étienne et Philippe, nous sommes aujourd’hui encore envoyés pour accomplir des signes qui guérissent les blessures, qui libèrent du mal et qui relèvent celles et ceux qui progressent avec difficultés dans leur vie quotidienne. Les disciples missionnaires ont pour vocation de témoigner et de redonner vie et espérance à leurs frères et sœurs en humanité, non pas au travers de chemins de controverse ou de prosélytisme agressif. Il s’agit d’être témoin de l’amour, d’être témoin de l’immense tendresse divine. Il y a déjà bien longtemps, lors d’une audience générale en 1968, le pape Saint Paul VI, dans les pas du Concile Vatican II, affirmait combien un témoignage n’est pas une simple profession extérieure conventionnelle, qu’un témoignage ce n’est pas une routine.

Un témoignage, c’est une voix qui vient de la conscience. C’est un fruit de la vie intérieure. C’est un don d’une inspiration limpide et impérieuse qui surgit du fond de l’âme. C’est un acte de maturité et de courage auquel chacun de nous doit être préparé, comme nous y invite d’ailleurs Saint Pierre aujourd’hui. Oui, frères et sœurs, soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous. Alors que les premiers chrétiens sont persécutés, Saint Pierre leur donne, et nous donne aujourd’hui encore 2000 ans plus tard, le chemin à emprunter. Malgré les vents contraires que nous pouvons traverser au cours de notre vie sur cette terre, le chrétien disciple missionnaire honore d’abord dans son cœur le Seigneur. Il doit être prêt à rendre raison de l’espérance et de la foi qui est en lui avec douceur et respect évangélique. Le chrétien disciple missionnaire doit avoir une conscience droite.

Il peut être appelé à vivre des moments difficiles et souffrants en faisant le bien et non en faisant le mal. Ce dimanche, je vous invite donc à porter dans la prière particulièrement les frères et sœurs chrétiens des pays du monde où il est difficile et même périlleux, jusqu’au risque de perdre sa vie, de vivre sa foi en Christ. L’Évangile de Jean, pour sa part, est composé au moment où les premiers chrétiens traversent diverses épreuves : on se moque d’eux, on les renvoie des lieux de culte juifs, on les persécute. Saint Jean leur rappelle alors cette promesse de Jésus, l’envoi de l’Esprit de vérité : « Je ne vous laisserai pas orphelins ». Oui, frères et sœurs bien-aimés, force et courage nous viennent de Dieu. Être disciple missionnaire, c’est accueillir le Christ en nous, l’écouter, se laisser guider par lui, tout en ne perdant jamais de vue que le Seigneur nous précède dans le cœur des personnes qui croiseront notre chemin.

À quelques jours des fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, accueillons avec joie le souffle de l’Esprit Saint dans nos vies afin d’accomplir chacune et chacun notre vocation particulière de disciples missionnaires, témoins du Christ ressuscité, là où nous vivons chaque jour. Alors, avec la terre entière, malgré les épreuves, malgré les inquiétudes et les souffrances, reconnaissons les hauts faits de Dieu, les beautés de la création et chantons ces merveilles. Amen. Alléluia.

Mgr Christian Rodembourg