3ème Dimanche de l’Avent — Année A
La Joie de l'Avent : Entre Patience et Accomplissement
Fr. Thomas
La Joie de l’Avent : Entre Patience et Accomplissement
Le troisième dimanche de l’Avent est donc appelé le dimanche de la joie. C’est la joie de l’approche de Noël. La couleur liturgique est le rose, la couleur du ciel avant l’aurore. C’est une joie authentique, une joie durable, une joie qui grandit.
Il y a la joie de la comblance et de la guérison, comme nous le dit le prophète Isaïe. Il y a la joie, fruit de la patience, comme nous le dit l’apôtre Jacques. Il y a enfin la joie de Jésus qui vient, comme nous le dit l’Évangile selon Saint Matthieu.
La première lecture, celle du prophète Isaïe, insiste beaucoup sur la joie. Le mot « joie » ou le verbe « se réjouir » y apparaissent cinq fois. Mais il ne s’agit pas d’une joie facile. Ce n’est pas la jouissance de la consommation qui est fugace, qui disparaît une fois l’objet consommé. Il s’agit là d’une joie beaucoup plus profonde. Il y a la comblance lorsque le désert refleurit. Il y a la comblance lorsqu’il y a la guérison.
Que s’ouvrent les yeux des aveugles, que s’ouvrent les oreilles des sourds (Allusion Is 35,5). La société de consommation déçoit, car elle ne comble pas en profondeur. Le Seigneur, lui, comble notre soif de sens, notre soif d’aimer et d’être aimé. Il vient dans le désert de nos vies. Il guérit nos cécités, nos surdités. Il est une source qui jaillit en nous en vie éternelle (Allusion Jn 4,14). Cela est possible si nous goûtons à la prière, à la Parole de Dieu, aux sacrements, et spécialement celui de l’Eucharistie ou celui de la Réconciliation. Nous ne faisons pas que jouir, nous sommes comblés, comblés de joie. C’est une joie qui dure, comme un désert qui refleurit, comme des infirmes qui sont guéris.
L’apôtre Saint-Jacques, dans la deuxième lecture, nous parle de la patience. C’est la patience devant la venue du Seigneur, la patience telle celle du cultivateur qui attend les fruits précieux de la terre (Allusion Jc 5,7), la patience telle celle des prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. La patience est liée à la joie.
Elle est gestation de la joie. Elle est le laboratoire où se prépare la joie. Si nous savons être patients, notre joie sera d’autant plus grande. La patience, c’est aussi de ne pas se décourager devant les obstacles : les obstacles extérieurs des circonstances, ou les obstacles intérieurs de nos péchés ou de nos ténèbres. Si nous nous arrêtons à ces obstacles, nous nous attristons. Si, par la patience, nous allons par-delà ces obstacles, nous nous réjouissons, et notre joie sera d’autant plus grande que les obstacles traversés auront été importants. Prenez patience vous aussi et tenez ferme, car la venue du Seigneur est proche (Citation Jc 5,8). Votre joie sera grande.
L’Évangile selon Saint Matthieu nous présente aujourd’hui Jean le Baptiste qui envoie des disciples à Jésus pour lui demander s’il est celui qui doit venir (Allusion Mt 11,2-3). L’Évangile ne nous le dit pas explicitement, mais Jean le Baptiste est profondément réjoui par la réponse qu’il reçoit. Les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pauvres reçoivent la bonne nouvelle (Citation Mt 11,5). Jésus, par sa venue dans le monde, accomplit les prophéties.
Dans l’Évangile selon Saint Jean, Jean le Baptiste dit que sa joie est parfaite dans la mesure où Jésus grandit et où lui, Jean le Baptiste, diminue (Allusion Jn 3,30). C’est la joie paradoxale de l’abaissement à cause de Jésus. Le temps de Jean le Baptiste est accompli. Voici que vient le temps de Jésus.
Cette joie peut être la nôtre, si nous voulons bien y entrer: la joie de laisser grandir Jésus en faisant le bien dans le monde, la joie de laisser grandir Jésus en nous plongeant dans sa Parole, en recevant son Corps et son Sang dans l’Eucharistie, en l’adorant dans le Saint Sacrement. Il y a une grande joie à laisser Jésus Dieu et Seigneur. Si nous faisons cela, nous sommes comme Jean le Baptiste. Nous sommes les plus grands de ceux et celles qui sont nés d’une femme (Allusion Mt 11,11).
Qui s’abaisse sera élevé (Allusion Mt 23,12). Et quelle joie, quelle élévation d’exalter celui par qui tout a été créé! Que Dieu soit béni pour la joie, pour la joie profonde et durable qui vient de lui, pour la joie, fruit de la patience, pour la joie d’exalter, d’accueillir le Verbe de Dieu, créateur du monde en nos vies.
