Anniversaire de la dédicace du Sanctuaire du Très Saint-Sacrement

La dédicace : temple de l'Esprit, communauté rassemblée et présence eucharistique

Frère Pierre-Benoît

Mercredi 13 mai 2026

Anniversaire de la dédicace de l’église
et Notre-Dame du Très Saint-Sacrement

  • Première lecture : Gn 28, 11-18
  • Psaume : Ps 83
  • Deuxième lecture : Ap 21, 1-5a
  • Évangile : Jn 4, 19-24

Cette transcription n’a pas été relue par le prédicateur.

 

 

La dédicace : temple de l’Esprit, communauté rassemblée et présence eucharistique

 

Alors frères et sœurs, quelle est la bonne nouvelle que le Verbe incarné de la Vierge Marie nous donne dans cette solennité locale, lors de cet anniversaire de la dédicace du Sanctuaire du Saint-Sacrement et de la consécration de son autel ? Il semble que le Verbe incarné nous parle à trois niveaux : d’abord de nous, puis de nous ensemble, et enfin de nous avec Dieu. Croyons cela et promenons-nous dans les Écritures, inspirés par ce beau lieu tout éclairé, fleuri et illuminé aujourd’hui. Voyons ces trois étapes : nous comme personne, temple de Dieu et de cet Esprit que nous attendons à la Pentecôte ; nous ensemble comme communauté célébrante rassemblée dans ce sanctuaire ; et enfin nous avec Dieu dans l’Eucharistie, dans l’adoration et dans l’Église qui célèbre jour après jour en attendant l’éternité bienheureuse.

« Voici que je suis avec toi », s’entend dire Jacob. Au rendez-vous à Haram, il s’exclame : « Le Seigneur est en ce lieu !… C’est la maison de Dieu ! » (cf. Gn 28, 16-17). Le Seigneur se tenait effectivement près de lui, révélant une dimension d’intimité relationnelle du Dieu qui veut entrer en relation avec la « maison » que nous sommes, chacun et chacune d’entre nous en tant que baptisés. Voilà le premier mystère de cette solennité. Si, au jour de la dédicace de ce sanctuaire, notre archevêque a oint les douze croix de consécration sur les piliers avec le Saint Chrême, cette onction du bâtiment était en relation directe avec l’onction de notre baptême qui nous a consacrés comme temples du Saint-Esprit. En tant que baptisés, n’avons-nous pas là une bonne nouvelle à proclamer ? Nous ne sommes pas des personnes anonymes errant sans but sur les chemins du monde, mais nous sommes d’abord habités, à la « fine pointe de l’âme » comme dirait saint Augustin, par une présence divine qui nous consacre.

Le second mystère de cette solennité est celui du « nous ensemble », c’est-à-dire le mystère de l’Église. Cette grâce nous constitue comme une communauté célébrante évoquée dans le psaume : l’âme qui s’épuise à désirer les parvis du Seigneur trouve son apaisement dans la communauté qu’elle rejoint (cf. Ps 83). Heureux sont les habitants de ta maison, car ils peuvent te chanter encore ensemble. C’est ce que nous cherchons à faire jour après jour en reprenant la psalmodie de ce peuple de Dieu qui a cheminé jusqu’à Jésus, et en reprenant l’Évangile qui célèbre le Dieu vivant nous unissant en Jésus-Christ. L’archevêque n’a pas fait l’onction sur une seule croix, mais sur douze, pour manifester, à travers les douze apôtres fondations de l’Église, l’Église que nous sommes communautairement invités à devenir chaque jour davantage.

Enfin, le troisième mystère est celui de notre union avec Dieu : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes, porte du ciel ». Un évêque syrien du Ve siècle, Balaï le Syrien, disait que pour que Dieu reste avec les hommes de la terre, nous lui avons construit une demeure et dressé un autel où l’Église mange la vie éternelle. Voilà l’Eucharistie et cette table de la célébration. Je me souviens que l’archevêque l’avait consacrée généreusement, prenant le temps d’étendre abondamment le Saint Chrême sur cet autel de l’Eucharistie. C’est le lieu où nous avons la grâce d’être en communion avec les saints dont les reliques sont déposées à l’intérieur, et le lieu de l’adoration eucharistique qui nous ouvre, année après année et peut-être siècle après siècle, les portes de l’éternité. Réjouissons-nous donc en tant que personnes habitées par l’Esprit, en tant que peuple rassemblé dans cette demeure de Dieu, et dans cette Eucharistie où Dieu est avec nous pour toujours. Amen.

Frère Pierre-Benoît