FMJ MtlVendredi, 4e Semaine de l’Avent – A
Frère Antoine-Emmanuel
2 S 7, 1… 16 ; Ps 88 ; Lc 1, 67-79
24 décembre 2010
Sanctuaire du Saint-Sacrement, Montréal

L’épreuve de Zacharie

Zacharie a été humilié, éprouvé,
par de longs mois de mutisme voulus par le Seigneur
qui a rejoint et aimé Zacharie dans son manque de foi,
dans sa résistance à croire aux merveilles de Dieu.

L’épreuve l’a purifié.
L’épreuve l’a re-tourné vers le Dieu qu’il célébrait
mais dont il doutait.

Aujourd’hui Zacharie se soumet à la vérité de Dieu.
De sa main d’homme âgé,
il a écrit sur la tablette : « Jean est son nom » (Lc 1,63).
Ce dont il doutait il y a quelques mois,
il le proclame aujourd’hui
ne craignant pas de déplaire à toute la parenté.

La Parole de Dieu a été plus forte que le doute
et Zacharie laisse jaillir le flot de vie
qui maintenant fait irruption dans son cœur.

L’épreuve a libéré en lui le passage de l’Esprit Saint ;
il devient prophète.
Il dit les merveilles de Dieu
avec une audace extraordinaire.

Car Zacharie n’annonce pas
une simple libération politique d’Israël :
poussé par l’Esprit,
il prophétise la libération du péché.
Le salut dit-il est rémission des péchés d’Israël (Lc 1,77).
Le salut vient du plus profond de Dieu,
de ses entrailles de miséricorde (v. 78).

Zacharie goûte pour lui-même et annonce en même temps
ce flot d’amour qui vient de très loin,
de plus loin que les entrailles de la Terre :
des entrailles de Dieu,
et qui descend très profond en lui et en nous.

Il voit Israël comme des hommes assis dans les ténèbres,
dans l’ombre de la mort,
et qui soudain voient se lever une lumière et,
dans cette lumière, apparaît un chemin, une route,
un chemin de paix (v. 79).

Zacharie le vit et le dit :
désormais nous allons pouvoir marcher avec Dieu
l’adorant dans la piété et la justice  (v. 75) ;
sans crainte,
sans aucune crainte.

*

Frères et sœurs, chacun de nous pourrait dire l’épreuve
qui a accompagné et accompagne notre approche de Noël.
Le Seigneur travaille en nous.
Dans l’épreuve, sa présence peut être moins sensible
mais elle est réelle et puissante, très puissante.
Le Seigneur prépare notre cœur et notre être
pour nous conduire comme Zacharie
vers un chant nouveau, sur un chemin nouveau.
Et c’est notre pauvreté, notre solitude
qu’Il va rejoindre cette nuit
pour venir marcher avec nous,
pour nous mener sur un chemin de paix.

Il nous reste simplement à écouter.
« Que le Seigneur creuse donc en ton être
une attente et un appel orientant ta vie
à recevoir et à garder la Parole du Père qui est son Fils,
dans la Paix de l’Esprit.
Goûte cette Parole divine
qui se dit tout entière dans le silence (…)
Seule la contemplation de ce mystère
saura te conduire à vivre à ton tour
du secret de ce silence intériorisé,
et ton être tout entier,
dans son silence paisible et fort traduira Dieu.
Tu seras, comme Jean, témoin de la Lumière » (LdV n° 31)

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